mercredi 2 avril 2014

Transports au Japon : le Ferry

Je suis bien arrivée chez mon premier hôte pour le wwoofing. Tout se passe bien pour le moment. Mais avant de présenter mon  hôte, petit détour par le ferry !
Pour me rendre à Yufuin, j'ai testé le ferry avec la compagnie Sunflower. Le départ se fait dans le port d'Osaka, un des ports les plus importants du Japon. La traversée jusqu'à Beppu (célèbre pour ses Onsen à Kyushu) dure 12h environ et elle s'effectue de nuit. 


Dans la classe économique du Ferry, nous dormons dans ce genre de chambre.
Bon, on ne dort pas beaucoup en réalité. Mais l'expérience est intéressante. Et c'est assez amusant de partager le temps d'une nuit le quotidien des familles, de d'autres voyageurs solitaires, des jeunes étudiants. Ma voisine de Futon était une spécialiste des Onsen et m'a dressé une carte des meilleurs Onsen du pays.




L'intérieur du Ferry ressemble beaucoup à un hôtel. On y trouve un restaurant, une salle de jeux, un Sento (bain public), des espaces fumeurs.


On peut aussi aller sur le pont et profiter de la nuit et du magnifique levé du soleil.




Une expérience que je recommande. De plus, le Ferry peut être un moyen économique de voyager entre les différentes îles du Japon. Ils existent plusieurs compagnie selon les destinations visées.


mercredi 26 mars 2014

Izumo no Okuni 出雲阿国

 Avant de quitter Kyoto je souhaite parler de Izumo no Okuni considérée comme la fondatrice du Kabuki. Je suis passée très souvent devant cette statue à Kyoto et il me parait important de la présenter un peu.
Née vers la fin du XVème siècle Okuni était une femme forte qui s'est très tôt distinguée et imposée dans le monde du théâtre où elle jouait (ou plutôt dansait) aussi bien des rôles d'hommes comme des samourai que des rôles de femme, souvent des prostituées. Son érotisme était célèbre. Peu à peu elle a établi les règles et les codes de ce qui devait devenir le Kabuki.

Mais sa danse ne s'arrêtait pas au théâtre. Et Okuni ne dansait pas seulement pour des spectateurs ou des clients. Le XV, XVIè siècle était une période assez sanglante où beaucoup de conflits ont eu lieu dans l'ancienne capitale. A l'époque, non loin de l'emplacement actuel de la statue, de nombreuses personnes, prisonniers ou autres étaient condamnés à mort par décapitation. Et si j'ai bien compris, Okuni venait danser sur les bords de la rivière pour l'âme des morts afin qu'elles puissent trouver le chemin de la paix.
Okuni semblait être une femme très indépendante, portée par son engagement et ses idéaux. Peu après sa mort, le Kabuki est devenu une institution essentiellement masculine. Mais encore aujourd'hui le Kabuki reste un milieu très fermé et les femmes peinent à se faire une place dans ce genre théâtral. Dans ce Japon où les femmes restent malheureusement souvent "soumises" et écrasées par le poids de la société, Okuni fait figure d'exemple d'émancipation. 
Peut-être qu'aujourd'hui encore sa statue continue de danser pour le salut de nos âmes...


lundi 24 mars 2014

Le changement c'est....

 Le printemps au Japon est la saison qui symbolise le changement, le mouvement. C'est la fin de l'année scolaire, les jeunes diplômés paradent en costume traditionnel et fêtent la fin de leur vie étudiante avant de commencer pour la plupart leur route vers le monde du travail....
Le printemps est aussi une saison hautement touristique. Le temps devient plus clément et les cerisiers seront bientôt en fleur. Kyoto la fière va accueillir beaucoup de monde venu admirer ses arbres.
Enfin, c'est aussi pour moi un nouveau départ. Si tout se passe bien je commence le wwoofing (travail bénévole dans des fermes) vendredi 28 mars dans la ville de Yufuin dans l'île de Kyushu, l'île au sud de Honshu où se trouve Kyoto.
J'ai passé 7 très beaux mois à Kyoto. Merci à toutes les personnes qui ont rendu ces mois riches.
Mais si tout se passe comme prévu, il ne s'agit pas encore d'un adieu. Je devrais revenir y faire escale.  Je donnerai plus de précisions au fil du temps je l'espère. 

Et en attendant un peu les sakura (fleurs de cerisier), on peut déjà admirer les fleurs d'Umé (prunier).


mardi 18 mars 2014

Entre monts et marées.

Ce dimanche, levée de bonne heure pour retourner dans la ville d'Obama dans le Japon de l'envers avec Muroi-san pour une session bénévolat nettoyage de rivage !


 Bénévolat power ! 
Beaucoup de déchets jonchent les rivages d'Obama. La mer les amène du monde entier. Mais les citadins ont aussi leur part de responsabilité. Quand arrivent les beaux jours,  les touristes de Kyoto, d'Osaka, de Kobé et d'autres grandes villes affluent près de la mer. S'ils sont attentifs à maintenir leur ville propre, la campagne et la mer ne leur paraissent pas devoir nécessiter une telle attention.....
 Bibi et Obasan (grand-mere en japonais) en "poses" ou "pause"....
 
Muroi-san en action

 Quelques habitants d'Obama se réunissent ainsi trois à quatre fois par an pour nettoyer un peu le rivage. Nous avons été chanceux ce dimanche, un beau soleil nous accompagnait !


 Et après avoir bien œuvré, tout le monde se regroupe pour déguster des huîtres qui sont une spécialité de la région.






Le repère de l’ostréicultrice qui nous a fourni les huitres.

Et après une matinée sous le soleil, direction ensuite les hauteurs près de Miyazu  où se tenait une rencontre autour de l'agriculture traditionnelle et de la permaculture. 

 Il fait encore froid dans les montagnes.

 Des artisans,  des agriculteurs  mais aussi des gens intéressés par l'agriculture se sont retrouvés pour parler de la situation agricole actuelle, réflechir à des solutions locales dans ce désordre global mais aussi prendre des contacts avec en vue peut-être de futures collaborations pour un avenir plus "nature" et propre.

La campagne n'est pas aussi calme qu'il n'y paraît. Des voix s'y élèvent, des actions se mettent en place. A vrai dire, la ville me paraît parfois plus endormie ou "déconnectée". 

lundi 10 mars 2014

寒い!Samui !

 Deux mots importants à connaître à Kyoto : Samui (il fait froid) et Atsui (il faut chaud) ! A partir du début du mois de novembre Atsui laisse sa place à Samui qui restera sur toutes les lèvres et ce pour une durée.....indéterminée.....Lundi 10 mars il a encore neigé sur l'ancienne capitale. Et l'hiver au Japon ou à Kyoto est une expérience ma foi intéressante. Kyoto est célèbre pour son froid humide et pénétrant et ses vents qui viennent de Sibérie. Mais il faut savoir que le chauffage central n'existe quasiment pas dans les maisons au Japon tout comme une bonne isolation...(exception pour l'île d'Hokkaido où il fait -20, -30°c l'hiver).


Si les maisons traditionnelles ont un certain charme au premier abord, ce charme s’évanouit quelque peu avec l'hiver. Ces maisons sont conçues pour l'été. Pour simplifier, ce sont des maisons ouvertes aux quatre vents et l'hiver y est par conséquent peu agréable. Compter 4°-6°c dans la maison fin janvier, et février. Je vis dans une maison traditionnelle où nos moyens de faire face au froid sont :
 Le tapis chauffant :
On l'allume un peu avant de s'endormir histoire de chauffer un peu le futon (lit).

 Et un petit radiateur qui chauffe sur un rayon de 30 centimètres environ. Mais comme cela pompe beaucoup d'énergie, par soucis d'économie et d'écologie il convient de ne pas trop en abuser.
Voilà en ce qui nous concerne, mais beaucoup de Japonais sont également équipés d'un Kotatsu, une table basse qui diffuse de la chaleur par en dessous.

Bon si les pieds sont au chauds, ce n'est pas toujours le cas du dessus.

Les Japonais ont du mal à imaginer l'intérêt de chauffer toutes les pièces via le chauffage central alors que nous n'occupons pas toutes les pièces. Ils préfèrent ne chauffer donc que des endroits isolés. Les toilettes sont ainsi parfois équipées d'une lunette chauffante pour le confort de nos fesses. Mais le cabinet en lui même reste froid. Beaucoup de petits points de chauffe sont ainsi imaginés. A savoir si cela est plus économique et plus écologique.
Si l'on peut comprendre que les maisons traditionnelles ne soient pas isolées, on peut avoir plus de mal à comprendre que ce problème touche aussi les maisons ou appartements plus modernes. En fait, les Japonais ne souhaitent pas dépenser plus pour une meilleure isolation. Ils taxent en revanche sur les frais de chauffage dont l'efficacité est limitée puisque la chaleur s'enfuit aussitôt que l'on éteint le chauffage.
Je me plains un peu c'est vrai. L'hiver reste cependant gérable, on survit. Mais ce n'est pas agréable. Et l'hiver est assez long.
Mais d'ici un mois ou deux, Atsui reviendra et nous aurons d'autres raisons de nous plaindre !